Le parc locatif se détériore

Journal de Montréal / Le parc locatif québécois est vieux, pire, il se détériore et nécessite des investissements, mais en l’absence de conditions propices aux rénovations, (suite…) peu de propriétaires les feront, déplore la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) et l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

Les deux organisations recommandent que les gouvernements du Québec et du Canada mettent sur pied un crédit d’impôt remboursable ou toute mesure d’aide pour stimuler l’investissement écoresponsable dans les immeubles locatifs, dans leur prochain budget.
Elles veulent aussi que Québec maintienne le crédit d’impôt RénoVert pour les propriétaires-occupants, qui devrait prendre fin le 1er avril 2017.«Si on ne fait rien, ça sera comme pour nos routes, qui n’ont pas été entretenues et qui se sont détériorées, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît», dit François-William Simard, vice-président Développement stratégique et Communications à l’APCHQ.

Péril en la demeure

La CORPIQ, qui regroupe 25 000 propriétaires, et l’APCHQ interpellent ainsi les gouvernements après avoir sondé, en octobre, 1155 propriétaires d’immeubles locatifs.

Les réponses révèlent que 81 % d’entre eux possèdent un immeuble qui nécessite des travaux de rénovation. Pour 17 %, ces rénovations sont majeures et sont évaluées en moyenne à 10 000 $. La majorité ne se lancera pas dans de tels projets.

«Ce n’est pas une surprise, dit François-William Simard. Le besoin est là, mais il y a peu d’investissements dans le locatif. Les crédits d’impôt instaurés jusqu’à maintenant ne visent que les propriétaires-occupants. On le voit dans les statistiques: malgré qu’ils correspondent à près de 40 % des logements du Québec, seulement 25 % des investissements sont faits dans les immeubles locatifs.»

En 2016, 40 % des propriétaires ayant rénové en ont profité pour améliorer l’efficacité énergétique de leur immeuble. Près des trois quarts (71 %) ont remplacé les portes et les fenêtres, 58 % ont amélioré l’isolation et un peu plus du tiers (35 %) ont effectué des travaux de calfeutrage.

«Ces travaux contribuent manifestement à améliorer le bilan énergétique des immeubles locatifs, dit François-William Simard, mais ils coûtent cher. Les règles qui fixent les loyers font en sorte que cela va prendre beaucoup de temps avant que le propriétaire ne récupère son argent. C’est le locataire qui fera des gains, car la majorité paie pour le chauffage.»

« Ça prend de l’aide »

M. Simard estime qu’il est effectivement du devoir et de la responsabilité des propriétaires d’entretenir leurs immeubles, «mais, entre faire le minimum et améliorer réellement un logement, il y a une marge, dit-il. Le gouvernement a des ambitions et veut améliorer son bilan énergétique, mais ça ne se fait pas tout seul, ça prend de l’aide».