Un peu de philosophie immobilière

louisepar Louise Roy
Courtier immobilier agréé et consultante

Il existe différents  » types de proprios  » et malgré cette grande variété de personnalités, de mentalités et d’expériences, j’observe quotidiennement une attitude qui me frappe et m’agace… un peu: à mon avis, vous et moi sous-estimons le moment de la signature du bail, tant sous l’aspect de l’importance accordée à cet événement que du peu de considération vouée au document définissant les conditions de cet événement: le bail.

Vous le savez  – que votre locataire vous plaise ou pas, il a droit au  » maintien à vie  » dans le logement,- dans la mesure où il respecte toutes les conditions de son bail bien entendu. Sachant cela et malgré le fait que nous sommes ceinturés d’un éventail de lois et règlements qui nous dictent nos droits et obligations envers les locataires, je constate encore que l’opinion publique sur les relations locateur-locataire n’est pas très positive: le propriétaire est perçu comme un prédateur et le locataire, sa proie! L’image est forte… mais pour plusieurs locataires lorsque vous êtes propriétaire, vous êtes riche! La pratique courante veut que le propriétaire procède lui-même à l’achat (du bail) et à l’écriture des conditions au bail, ce qui confère peut-être à ce dernier un certain contrôle… mais sans plus!

Bon, je sais que peu d’entre vous appréciez le nouveau bail à utilisation obligatoire (depuis 1er septembre 1996) et surtout de vous l’être fait passer de force! Mais ce bail est là pour rester et maintenant, il-faut-faire-avec. C’est un document important car en plus d’établir les conditions de location entre le locataire et vous, il est susceptible d’être réclamé par le banquier lors d’une demande de financement, l’évaluateur, le comptable agréé et l’agent immobilier voudront le consulter, etc. Au courant d’une seule année, vous écrivez probablement plus de baux qu’un locataire en signera sa vie durant, alors… c’est  » vous  » l’expert du bail… par défaut!

Contrairement aux propriétaires, les locataires ne semblent pas pouvoir accéder facilement et rapidement à de l’information de qualité auprès de leurs associations. Nous croyons à tort que les locataires sont très informés de leurs droits et obligations en matière de location de logements.. ERREUR… et c’est sans mépris! Constatant le nombre important de faux plis et tabous solidement ancrés dans les relations locateur-locataire, je vous jure qu’il y a place à l’amélioration! En voici quelques-uns:

– j’ai juste qu’au 21 pour payer…
– je me suis acheté une maison, alors je peux  » casser  » mon bail…
– j’ai le droit de faire trois partys par année…
– je peux faire du bruit jusqu’à 11h PM
– mon transfert d’emploi  » casse  » mon bail…
– ….c’est pas marqué sur mon bail que… etc…

Je ne compte plus sur les élus pour changer ce qui ne me plaît pas chez le locataire dans ma relation avec lui. C’est du  » domaine privé « . Je suis tout de même en affaires avec mon locataire, et ce malgré de larges débordements de lois et règlements d’ordre public qui interfèrent dans nos affaires. Alors, j’assume mes propres décisions d’affaires et je m’assure que mon co-contractant (locataire) soit bien au fait du type de contrat que nous allons signer ensemble. Je clarifie plusieurs tabous et  » repasse  » quelques faux plis, je m’attarde autant sur ses droits et obligations, que sur les miens… évidemment! Peu de locataires savent qu’il y a un formulaire obligatoire de bail… C’est vous qui avez choisi ce type de commerce, alors n’hésitez pas à expliquer ce que vous faites lors d’un non-paiement de loyers, lors des visites de logements ou pour la collecte du loyer.

Passons en revue chaque élément du bail, expliquons avec soin le pourquoi et le contenu de nos  » clauses additionnelles  » ou autres documents en annexe. Enfin, soyons clairs et précis avec nos co-contractants!